Les sources d’énergie pour l’habitation

17 février 2011

chauffage, eau chaude, cuisson : penser au confort

C’est sans doute une évidence, mais lorsque l’on réfléchit aux sources d’énergie à utiliser dans une maison pour les différents poste, il faut définir ce que l’on attend en matière de confort, et d’habitudes. Il est facile de dire qu’il est suffisant de chauffer une pièce à 18 degrés, et que chaque degré de plus coûte très cher, il n’empêche que beaucoup de français ne se sentent à l’aise qu’à 21 degrés dans une chambre ou une salle de bain. L’homme percevrait nettement plus les différences de température entre deux endroits plutôt que la valeur de cette température, et on pourrait donc s’habituer à des valeurs inférieures et chauffer moins. Chiche ! En attendant, chacun ressent une certaine température intérieure comme confortable, et il faut en tenir compte. Par contre, certaines énergies permettent de réguler finement le chauffage en fonction des horaires de présence, et cela peut permettre d’énormes économies sans diminution du confort.
Pour l’eau chaude, il faudra tenir compte de la consommation du foyer, plus d’eau coûte plus cher, une eau plus chaude coûte plus cher, mais là encore, il faut qu’il y en ait assez pour tout le monde au bon moment, même si on ne prend que des douches, et que l’on se rase à l’eau froide (aïe!). certains systèmes produisent l’eau chaude sanitaire à la demande, diversement performants en fonction de l’energie utilisée et de leur qualité, d’autres la stockent, ce sont les ballons d’eau chaude. Dans tous les cas, il faudra corréler la capacité disponible ou produite à la consommation moyenne du système pour faire le bon choix.
La cuisson, enfin, posera à la fois la question des habitudes et du confort. Certains appareils électriques sont très intéressants aujourd’hui, un certain nombre de fours, notamment. Mais pour saisir un aliment, règler très finiment et rapidement la température de cuisson, l’utilisation du gaz naturel est souvent préférée. Le bois, sur ce point, aura aussi ses adeptes, même si le confort général d’utilisation semble discutable.

Disponibilité des différentes énergies

L’électricité est la plus facilement disponible des énergies pour la maison. Le raccordement au réseau est une obligation de service public, et même si vous construisez ou réhabilitez une habitation très à l’écart, la connexion devra être construite par ErDF, gestionnaire du réseau de distribution. C’est déja bien, puisque des solutions électriques économes et confortables existent pour le chauffage et la production d’eau chaude sanitaire, respectivement les pompes à chaleur, et les ballons d’eau chaude thermodynamiques.
Si on préfère le gaz, qui permet également de réaliser d’importantes économies, pour des investissements moins lourds, la situation est un peu différente. Dans la plupart des cas, lorsque l’on habite un voisinage déja raccordé au réseau de gaz naturel, le raccordement coûtera une somme forfaitaire, basse en considération des avantages de cette énergie. Sinon, une étude devra être réalisée par GrDF, responsable de la distribution, et le coût réel de construction de la nouvelle partie du réseau sera réparti sur l’ensemble des particuliers souhaitant se raccorder.
Le bois peut être très intéressant comme énergie de chauffage, et sera disponible partout en France, au moins pour ses présentations les plus courantes, bûches, plaquettes et granulés bois. Mais le prix du bois n’est pas régulé, comme ceux de l’électricité et du gaz. Le coût de cette énergie sera donc variable en fonction de la région, de la concurrence. Il faut donc bien étudier les fournisseurs locaux pour évaluer quelle sera la rentabilité du combustible bois à moyen et long terme.
Quant au fuel et au GPL, issus du traitement du pétrole, ils peuvent être livrés partout, à des conditions variables. Ce sont des sources d’énergie dont le coût d’utilisation est amené à augmenter très rapidement dans les prochaines années, et ils ont un impact environnemental désastreux. Dans le cadre d’une réflexion pour changer ou choisir les énergies pour l’habitation, nous ne leur trouvons guère d’avantages.

Bois, électricité, gaz naturel : avantages financiers

Le gaz naturel, si l’on y a accès, est une source d’énergie avantageuse quant aux trois postes de dépense que nous évoquons. Pour le chauffage, la chaudière gaz à condensation permet de bonnes économies sur vos factures, avec un investissement réduit. Certains modèles produisent également l’eau chaude sanitaire, là encore de manière plutôt économique. Quant à la cuisson, le gaz reste roi en France, même s’il souffre du perfectionnement et de la simplicité d’utilisation des fours électriques.
Le prix du gaz naturel, même s’il est régulé et que les réserves mondiales sont encore importantes, est tout de même soumis à de grosses fluctuations, bizarrement presque toujours à la hausse, et la rentabilité de cette énergie peut évoluer dans les prochaines années.
L’utilisation du bois peut être confortable et rentable pour le chauffage et la production d’eau chaude sanitaire. Des chaudières bois très automatisées et très performantes sont maintenant disponibles sur le marché. On peut espérer que le développement de cette énergie pourra faire baisser encore le prix de ce combustible déja bon marché. Quant aux solutions bois pour la cuisson, elles représentent à notre avis encore trop de contraintes pour l’utilisateur, la cuisson au bois est bon marché, mais les cuisinières bois sont chères et pas très souples.
L’électricité a pour elle d’être immédiatement disponible, à un prix très bas en France. Ce prix augmentera progressivement, mais a priori lentement, la production française étant peu dépendante des combustibles fossiles. En outre, l’état défini un tarif régulé pour l’électricité et chaque augmentation est faite avec une grande prudence. Des solutions électriques confortables et très économes sont disponibles pour le chauffage et la production d’eau chaude sanitaire, facilement adaptables à la plupart des maisons. Une pompe à chaleur air-eau permettra donc de fortes économies si vous disposez d’un chauffage central, une pompe à chaleur air-air pourra remplacer un système de radiateur électriques. Quant à l’eau chaude, le ballon thermodynamique procurera un grand confort, pour un coût d’utilisation très faible.
Ajoutons enfin que l’ajout de panneaux solaires thermiques sur votre toit pourra participer sans augmenter vos factures aux besoins de chauffage et de production d’eau chaude. Cependant, le prix encore élevé de ces systèmes ne les rend intéressants financièrement qu’à fort long terme.

Gaz naturel, électricité, bois, solaire : enjeux environnementaux

Si l’on s’interesse au problème du réchauffement climatique, il est naturel d’essayer de limiter ses émissions de gaz à effet de serre. La situation du gaz naturel est ambigue sur ce point. Brûler du gaz naturel produit du CO2, et à l’heure où certains tentent à grands frais de capter le gaz carbonique dans l’atmosphère, ou en sortie des cheminées, pour l’enfouir à grande profondeur dans le sol, il peut sembler absurde d’aller pomper dans un stockage naturel de CO2 pour le libérer dans l’air. Certes, notre monde est parfois absurde. Mais utiliser du gaz naturel est, si on y réfléchit bien, un moindre mal. Il n’est pas transformé après son extraction, donc son coût énergétique de production est très faible, de même que son coût de transport, effectué en majorité par gazoducs. En comparaison avec d’autres sources d’énergies fossiles, comme les produits pétroliers, qui consomment de l’énergie avant d’être exploitables, ou le charbon, qui proviennent aussi de stockages souterrains naturels du CO2, la gaz naturel est un combustible très propre. Or, une partie de l’électricité est produite à partir de fuel et de charbon, relativement peu en France, beaucoup plus dans des pays comme l’Allemagne. Les chaudières gaz à condensation modernes exploitent au mieux la combustion du gaz naturel, et limitent encore son impact environnemental.
Du point de vue des émissions de gaz à effet de serre, l’électricité est une source d’énergie très intéressante en France, puisqu’elle provient pour l’essentiel d’un très gros parc nucléaire. Se pose tout de même le problème du traitement et du stockage des déchets radioactifs, même s’il est plus facile à gérer que la limitation des émissions de CO2, puisque plus localisé.
L’utilisation du bois est excellente, puisque considérée comme neutre en carbone. On fait pousser des arbres pour remplacer le bois que l’on brûle, le carbone libéré par la combustion est ainsi compensé par le carbone capté par la croissance forestière. Du point de vue de la santé publique, par contre, il est reproché aux systèmes bois de libérer des particules fines, qui restent en suspension dans l’air à basse altitude, et peuvent provoquer des maladies respiratoires. Les chaudières bois modernes limitent au maximum ces émissions, et s’améliorent encore.
Il reste le solaire thermique, à ne pas confondre avec le solaire photovoltaïque dont il est question ailleurs. Les panneaux solaires thermiques peuvent contribuer très efficacement à réduire vos factures de chauffage, et ce sans aucune émission de gaz à effet de serre. Leur prix est encore élevé, mais une installation limitée en relève d’une chaudière peut tout de même être intéressante.